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Workshop à Saint-Domingue en pleine crise

30.08.2017 Fondation

 

À chaque escale, le workshop « Du déchet plastique à l’énergie » organisé à bord du navire Race for Water, réunit les acteurs locaux de la gestion des déchets et de l’énergie. « A Saint Domingue, notre workshop a eu lieu au moment d’une crise majeure dans la gestion des déchets de la ville. La décharge de la ville de Saint Domingue était bloquée par ses gestionnaires qui ont décidé du jour au lendemain d’augmenter le prix d’accès aux camions poubelles, les empêchant d’accéder au site. Le gouvernement a dû intervenir et un procès est en cours », raconte Camille Rollin. « Les débats ont donc été houleux car le sujet est épineux pour les dominicains ».

À bord ce jour-là, Juan Rodriguez Nina, Directeur de la Commission Nationale de l’Énergie, mais aussi plusieurs représentant du Ministère de l’environnement, du Ministère des Energies et des Mines, ainsi que les plus grosses entreprises nationales de l’énergie, aux côtés d’associations ou de citoyens qui œuvrent chaque jour sur le terrain pour assainir les rues et rivières de l’île et sensibiliser la population au tri et à la collecte.

Après une visite du navire, les interlocuteurs ont pu découvrir le modèle économique et social que souhaite implémenter la Fondation. Inciter financièrement la population à ramasser les plastiques est un moyen rapide et efficace de réduire la quantité qui se retrouve dans la nature. « Ces déchets ont de la valeur. Le plastique provient du pétrole, il détient un énorme pouvoir énergétique. Le transformer en énergie permet à la fois de créer de la valeur économique, des emplois et une source d’énergie supplémentaire et locale », précise Marco Simeoni.

Afin de découvrir un peu plus la situation dominicaine, Kimberley Taveras était invitée à présenter sa vision d’ancienne Maire de la municipalité de Guayiga à Saint Domingue. En ligne avec la Fondation, Kimberly voit les déchets comme une solution plus que comme un problème. Mais les défis sont importants. Le manque de moyen pour les municipalités est pour elle le principal problème. Suit l’absence de sanction face aux actions pourtant illégales de nombreux industriels et citoyens de déverser leurs déchets dans la nature. « A ceci, s’ajoute le peu de connaissance et d’intérêt de la part de la population sur ce qui peut être fait avec les déchets. Cela engendre un manque cruel de formation en la matière et donc il existe en République Dominicaine peu de personnel technique pour travailler sur des solutions viables » conclu Kimberley avant de faire des recommandations pour l’avenir.

Maria de Leon et Maribel Chalas, de la direction de gestion environnementale municipale du Ministère de l’Environnement ont rebondi pour préciser qu’une loi sur la gestion des résidus plus strictes étaient à l’étude au congrès et qu’elle incluait tout un régime de sanctions. L’incitation au recyclage et à la valorisation ont également été ajoutés aux textes. Des projets comme « Dominicana Limpia » ont été initié par le gouvernement et cherche à réduire le nombre de décharge et à améliorer l’efficacité de la collecte et du traitement des déchets.

Ernesto Acevedo du Ministère de l’Energie et Mines a ensuite pris la parole. Après un rapide tour d’horizon en chiffres indiquant que 13000T de déchets étaient générés sur l’île chaque jour et qu’elle comptait plus de 350 décharges à ciel ouvert, il lève un voile d’espoir en présentant l’évolution des lois sur la valorisation énergétique qui a permis l’approbation de plusieurs projets de transformation de déchets en énergie sur les villes de Santiago et Saint Domingue. « Le gouvernement dominicain a la ferme volonté politique de continuer à développer le potentiel des énergies renouvelables du pays, afin de diversifier la matrice énergétique, d’améliorer l’accès à l’électricité et de contribuer à la sécurité énergétique nationale », souligne Ernesto.

Et à Marco Simeoni de conclure : « C’est très motivant de pouvoir catalyser et d’assister à des débats si forts et animés. Le sujet de la gestion des déchets est clé dans ce pays, sur cette île comme dans tant d’autres. Nous souhaitons continuer à suivre et aider au développement d’un modèle meilleur en termes de gestion des déchets plastiques. » Une confirmation que l’organisation de ces workshops permettent d’ouvrir la discussion, de comprendre des contextes locaux souvent compliqués. De plus, ils permettent de créer un lieu d’échange entre les différents acteurs d’un territoire qui parfois ont de la difficulté à se rencontrer.

   

Photos de gauche : Juan Rodriguez Nina Directeur de la Commission Nationale de l’Énergie en plein  deiscussion avec Marco Simeoni Président de Race for Water et Miguelina Bruno Espinal de l'Ambassade de Suisse.

Portraits : Ernesto Acevedo du Ministère de l’Energie et Mines, et Kimberley Taveras ancienne Maire de la municipalité de Guayiga à Saint Domingue.

La journée s'est conclue par un cocktail à bord du navire avec plusieurs entrepreneurs locaux et la visite surprise du Ministre de l'Environnement et du Vice Ministre des Affaires Etrangères.

 

De gauche à droite : Marco Simeoni, Bernard Schurch Chargé d'Affaires pour l'Ambassade de Suisse, Francisco Dominguez Brito Ministre de l'Environnement et le Vice Ministre des Affaires Etrangères.